Réflexion personnelle / Témoignage personnel

Ça va bien aller : l’hippopotame, le Léviathan et l’arc-en-ciel

Ça va bien aller car Dieu est Amour et Souverain. L'exemple de l'hippopotame, le Léviathan et l'arc-en-ciel. Anathalie Jean-Charles
Crédit photo : Studio Magenta
Montage : Le journal d’Anathalie

En vous promenant dans certains quartiers résidentiels de la province de Québec, vous aurez sûrement le bonheur de voir aux portes et aux fenêtres de certaines maisons un arc-en-ciel accompagné de l’inscription « Ça va bien aller ». « Ça va bien aller », c’est le mot d’encouragement de milliers d’adultes et d’enfants qui lancent ce message d’espoir contre le coronavirus qui continue de causer des ravages sur tous les continents.

Ça va bien aller ? Vraiment Seigneur ?

Lorsqu’on s’attarde aux bilans dépressifs du nombre de morts répertorié dans le monde, on peut en effet se poser la question de si ça va vraiment aller. Allons-nous pouvoir enfin reprendre nos activités ? Trouverons-nous à nouveau du travail ? L’économie se remettra-t-elle de cette crise ? Et puis, depuis un moment, je m’interroge sur l’action de Dieu dans ma vie, sur Ses plans et sur Sa façon d’exercer Sa Justice en général. Dans mon cas, « Ça va bien aller » n’est plus une affirmation, mais plutôt un questionnement à Dieu : « Ça va bien aller ? Vraiment ? »

En début d’année, mon plan de lecture biblique m’a menée vers l’étude du livre de Job. Malgré le fait que j’aie lu ce livre à de multiples reprises, j’ai été surprise de découvrir le récit de Job et de ses quatre amis sous un regard neuf. En effet, alors que les questionnements de Job coïncidaient parfaitement avec les miens, je me suis trouvée à étirer la lecture de ces passages et à partager la position de Job face à l’intervention ou la non-intervention de Dieu dans ma vie.

Le Kool-Aid… c’est ça… ça va bien aller…

Comme je jonglais entre l’analyse des interventions d’Éliphaz, Bildad, Tsophar et Elihu d’une part et des lamentations de Job d’autre part, j’arrivais à comprendre le point de vue et la perspective de chacun des acteurs du récit. Cependant, à la fin du livre, j’ai bogué. Je connaissais l’histoire et je savais qu’elle se terminait avec la réplique de Dieu à Job. Toutefois, je me souvenais que Dieu n’offrait aucune explication ou justification « valable » à la souffrance de Job, ce qui me frustrait royalement. Je n’avais pas envie de lire à quel point Il était Tout-Puissant, qu’Il avait tout créé, qu’Il était Souverain et que nous ne comprenions rien à rien. C’était trop facile. De 1) c’est évident ! et de 2), de le savoir ne consolait en rien ma tristesse. En plus, je ne comprenais pas le lien entre la souffrance de l’homme, les hippopotames et les crocodiles (ou Léviathan selon les versions). Franchement, rien que d’y penser des boutons de chaleur levaient sur mon visage.

Or, pendant plusieurs jours, au lieu de poursuivre le plan de lecture dévotionnel et de terminer les derniers chapitres de Job, je me suis promenée un peu partout dans le livre des Psaumes pour essayer d’épancher ma peine et d’y trouver des réponses. Jusqu’à ce que, la nuit dernière, je sois violemment réveillée par un séisme de magnitude 3,6 sur l’échelle de Richter à 3 h 21 du matin. Puisque je n’arrivais plus à trouver le sommeil, je me suis décidée à avancer dans mon plan de lecture et à terminer la lecture du livre.

« Ah ha moment » : Finalement ça risque de bien aller !

À ma grande surprise, j’ai compris (ou du moins en partie !) la réponse de Dieu à Job.

Entre autres, je me suis aperçue que les derniers chapitres, 38 à 41, de ce livre ne font pas seulement référence à la magnificence et à la Souveraineté de Dieu, mais que l’auteur, au travers de nombreuses interrogations posées au personnage principal du récit, souhaite aussi souligner.

  1. Le mystère de l’action divine dans le secret
  2. La provision continuelle de Dieu pour Sa création
  3. L’importance de l’identité et des attributs que Dieu a concédés à chacune de Ses créatures, Ses enfants inclus.

1. Dieu agit dans le secret pour le bien-être de tous les êtres de la création.

Au chapitre 38, Yahwe interroge Job sur une série de vérités liées à la création dont il ne possède pas la science pour en comprendre les fondements et leurs fonctionnements. Toutefois, au travers de ses questions, Dieu met en relief des vérités tangibles à Job.

  1. Dieu nous protège en limitant le niveau de connaissance que nous possédons sur la mort et sur les réalités surnaturelles (mystère des profondeurs abyssales et autres) v.16-18.
  2. Dieu peut participer à l’issue des guerres de façons naturelles et/ou surnaturelles sans que nous ne nous en rendions nécessairement compte v. 22-23

2. Dieu pourvoit aux besoins de toute Sa création, sans qu’il y ait de témoin pour en attester.

Nous le voyons au verset 26 du chapitre 38 ainsi qu’au chapitre 39 et tout particulièrement aux versets 3 à 5 et 14 à 17. Ces passages démontrent que Dieu aime véritablement toute Sa création. C’est en pourvoyant à ses besoins et en en prenant soin qu’Il lui montre toute l’étendue de Son Amour envers elle.

3. Dieu connaît chacun des attributs qu’Il a conférés à chacune de Ses créatures, nous y compris.

Et c’est là où ça devient intéressant… Ou du moins pour moi !

Mon esprit a été particulièrement interpellé par le verset 15a du chapitre 40 :

Vois l’animal par excellence que j’ai créé, tout comme toi ! SG21

Jb 40 : 15a, SG21

L’animal par excellence (Béhémot en Hébreux) dont l’auteur parle ici est souvent identifié comme étant l’hippopotame.

Mais pourquoi Dieu fait-il le parallèle entre « cet animal excellent » qu’il a créé et la création de l’homme ?

Ça va bien aller : l’exemple de l’hippopotame et du Léviathan

Au verset 19, l’auteur écrit :

Il est le chef-d’œuvre de Dieu. Celui qui l’a fait la pourvut d’une épée.

Jb 40 : 19, SG21

Il poursuit la description des caractéristiques de l’hippopotame et au verset 23 et 24 il est écrit :

 Si le fleuve devient violent, il ne s’alarme pas ; si le Jourdain se précipite contre sa gueule, il reste confiant. Est-ce quand il a les yeux ouverts qu’on pourra l’attraper ? Utilisera-t-on des pièges pour lui transpercer le nez ?

Jb 40 : 23-24, SG21

J’ai été curieuse de lire ce passage dans d’autres versions. The Message dit que Béhémot est le plus majestueux de toute la création de Dieu, mais que seul son Créateur peut le dompter.

Ensuite, l’auteur continue avec la description terrible du Léviathan, le monstre marin, du verset 23 au verset 32. Ici, il rappelle que personne ne peut le terrasser, que tout ce qui vit est sous la domination de Yahwe et que rien ne peut Lui échapper. Il dit encore en parlant du Léviathan que :

 Son cœur est aussi résistant que la pierre

Jb 41 : 16a, SG21

Ça va bien aller parce que je suis enfant de Dieu et que mon Père est au contrôle de tout.

À mes yeux, trois points sont cruciaux dans l’analyse de ces passages :

a) Dieu connaît parfaitement Sa création et chacune de Ses créatures Lui obéit

Quelles que soient leur stature ou leur puissance, toutes les créatures sont soumises à leur Créateur et aux attributs qui leur ont été octroyés par Lui. Le ciel ne peut s’effondrer grâce aux règles intrinsèques qui le régissent et l’hippopotame ne se laissera pas piéger, car Dieu l’a doté d’une force lui permettant de défier les ruses de l’homme pour empêcher qu’il soit capturé.

b) L’hippopotame et le Léviathan ne sont pas troublés par les agressions extérieures, car ils savent qui ils sont, ce qu’ils sont et à qui ils appartiennent.

L’hippopotame ne s’alarme pas et le Léviathan conserve un cœur affermi. Pourquoi ? Parce que Dieu les a créés afin de résister aux flots impétueux ainsi qu’à l’attaque de l’agresseur. J’aime qu’au verset 15a, l’auteur nous rappelle que, tout comme l’hippopotame, Dieu nous a aussi créés avec des attributs. Ceux-ci sont encore plus majestueux que ceux de l’hippopotame, car nous seuls avons été créés à l’image de Dieu Gn 1 : 26-27.

Pour moi, la clé de ce passage réside dans le fait que, lorsque nous savons qui nous sommes, quels sont les attributs que Dieu a placés en nous, et qui habite en nous, nous aussi, nous pouvons à l’instar de l’hippopotame et du Léviathan demeurer inébranlables face à l’adversité et à la souffrance. Certes, nous ne souffrirons pas moins des assauts de l’ennemi, mais nous demeurerons fermes dans notre espérance en Dieu.

À ce sujet, la Bible nous dit que

  • nous sommes des créatures merveilleuses Ps 139 : 14
  • nous sommes une nouvelle créature en Christ 2 Co 5 : 17
  • il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ Rm 8 : 1
  • nous sommes maintenant enfants de Dieu 1 Jn 3 : 1-2
  • notre corps est le temple du Saint-Esprit et qu’Il habite en nous 1 Co 6 : 19 ; Ga 2 : 20
  • nous sommes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis 1 Pi 2 : 9
  • nous avons reçu le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et que rien ne pourra nous nuire. Lc 10 : 19
  • Il fera de nous la tête et non la queue, que nous serons toujours en haut et jamais en bas, lorsque nous obéirons à Ses commandements Dt 28 : 13

c) Dieu a créé les bêtes et les éléments les plus puissants au monde et Il est au contrôle de tout, et ce en toutes circonstances.

Dans mon introduction, je partageais le fait que la toute-puissance de Dieu et Sa Souveraineté absolue n’étaient d’aucun réconfort dans la souffrance. Eh bien, j’avais tort. Car, lorsque nos cœurs défaillent et que nous oublions qui nous sommes en Christ, se rappeler de la Souveraineté et de la grandeur de notre Père est probablement la plus grande assurance que nous ayons.

Souvenons-nous donc que

  • c’est Lui qui nous a fait et nous Lui appartenons Ps 100 : 3
  • Il connaît et prend soin de toute Sa création Ps 8
  • Il connaît chacune des règles et chacune des limites qu’Il a établies à l’Univers tout entier. Jb 38-39

La Bible nous dit qu’Il a créé le forgeron qui façonne l’arme, mais qu’Il a aussi créé le destructeur afin de l’anéantir (Es 54 : 16-17). Sachez donc que l’Éternel est Dieu (Ps 100) : Il est au contrôle de tout, et ce, en toutes circonstances. Yahwe n’est jamais pris au dépourvu.

Ça va bien aller : l’arc-en-ciel.

Un collage d'arc-en-ciel "ça va bien aller" dans la fenêtre d'une maison. Montréal, Québec. Crédit Photo : Le journal d'Anathalie.
Crédit photo : Le journal d’Anathalie

Je ne sais pas d’où est venue l’initiative mondiale d’afficher un arc-en-ciel comme signe d’espoir pendant la pandémie du COVID-19 qui continue à faire rage et à ôter la vie à des milliers de personnes chaque jour. En revanche, rappelons-nous que ce symbole d’espoir provient d’une alliance éternelle qui a été instituée par Dieu envers Sa création lorsqu’Il a promis qu’il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre (Gn 9 : 8-13).

J’ai placé mon arc parmi les nuages et il servira de signe de l’alliance conclue entre moi et la terre. Tel est le signe de l’alliance que j’établis entre moi et toute créature sur la terre 

Gn 9 : 13 ; 17 , SG21

Cette promesse n’est que l’une parmi tant d’autres qui nous rappellent l’Amour extravagant de Dieu envers nous. En cette période de grande détresse et d’anxiété, souvenez-vous que

Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse. C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée, et que les montagnes chancellent au cœur des mers, quand les flots de la mer mugissent, écument, se soulèvent jusqu’à faire trembler les montagnes. Sélah (pause)

Ps 46 : 1-3 , LSG

Sélah

Prenez une pause (sélah) pour vous imprégner des nombreuses promesses de Dieu et de l’assurance qu’Il nous donne que ça va bien aller dans les bons comme dans les mauvais jours. Dieu est Fidèle et Il veille sur Sa Parole afin de l’accomplir (Jr 1 : 12).

Prions

« Papa, j’élève aujourd’hui ma voix pour tous ceux qui ont perdu l’espoir d’un jour meilleur. Comme Tu as élevé l’arc au-dessus des nuages en souvenir d’une de Tes nombreuses promesses envers nous, élève nos cœurs et remplis-les de l’Espoir et de la Paix que Toi seul peux nous donner par le sacrifice d’Amour extravagant que Tu as exécuté pour nous à la croix en donnant Ta vie pour que nous ayons la vie en abondance. En cette saison de deuil mondial, fais naître la vie dans le cœur de Tes enfants qui croient en Toi et accorde Ta Grâce à tous ceux qui ne Te connaissent pas encore, mais qui languissent après des jours plus agréables. Amen ! »

About Author

Du plus loin qu’elle se souvienne, Anathalie a toujours aimé Dieu. Malgré les chemins tortueux qu’elle a empruntés, Il est demeuré fidèle et ne l’a jamais laissé tomber. Anathalie a grandi dans une petite église méthodiste libre de la communauté haïtienne de Montréal où ses parents étaient impliqués dans le ministère ecclésiastique. Dès un très jeune âge, elle donne sa vie au Seigneur et s’implique à son tour pour l’avancement d l’œuvre de Dieu. Depuis juin 2014, elle fréquente l’église La Chapelle à Montréal où elle met ses dons, ses talents et son expérience au service de l’équipe des opérations et de l’équipe d’accompagnement spirituel de l’église. En 2018, elle entame des études en théologie dans le but de devenir aumônière et de venir en aide aux personnes qui souffrent. « On dit de moi que je suis une femme passionnée, créative, réservée et déterminée. J’ai la dent sucrée, je suis parfois dans la lune, j’aime les vieux films et les feuilletons français et je déteste les pieds… Mais vraiment là! »

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