Everybody's hurt

La résilience… Quelle est ton histoire ?

La résilience peut être décrite comme étant la capacité d’une personne à bien se développer, à continuer à se projeter dans l’avenir, en présence d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes sévères ou répétés. C’est dans l’assurance de la présence infaillible de Dieu que Ses enfants bâtissent leur propre résilience lorsqu’ils doivent affronter diverses épreuves.

Quelle est ton histoire?
Crédit photo : SVproduction

D’abord l’enfant gâté, il est devenu rejeté, haï par ses frères et la cible d’une intention de fratricide… dépouillé de sa tunique, saisi par les siens, jeté au fond d’une citerne mais finalement vendu comme esclave. Déclaré mort à son père aimant et éploré. Déraciné de tout ce qu’il connaissait, étranger et isolé… mais jamais abandonné de son Dieu, toujours avec Lui (Gen 39:2). Cible des manipulations de la femme de son Maitre, méprisé pour être resté intègre, finalement accusé d’agression et jeté en prison. Esseulé, faussement incriminé, sûrement dans l’incompréhension… mais toujours accompagné par l’Éternel qui lui témoignait Sa bonté à chaque instant (Gen 39:21). Trahi, ignoré et oublié en prison par celui qui aurait pu témoigner en sa faveur, resté au cachot deux autres longues années, face à sûrement plus de questions sans réponse : Pourquoi? Comment? Qu’ai-je fait pour mériter tout cela? …

D’accord, la Parole ne décrit pas les états d’âme et les questions de Joseph, puisque, vous l’aurez reconnu, il s’agit bien de sa vie et de ses adversités… Mais ces questions, je les ai entendues de multiples fois dans mes interventions. Des gens qui ont subi des drames, des abus, des catastrophes, des accidents, des gens qui ont vu le pire des méchancetés sans pouvoir s’en défendre, des gens dont l’histoire a commencé bien tristement.

C’est l’histoire de cette femme voilée et aveugle, immigrée et peu intégrée au Québec, qui vient de fuir son foyer, son mari violent et qui ne sait même pas si elle va survivre seule.

C’est l’histoire de cet homme qui, il y a longtemps, était un petit garçon sans défense qui devait se taire sur les abus qu’on lui faisait subir.

C’est l’histoire de ce petit garçon, dans la ligne de mire de son beau-père qui le détestait; des soupers sautés, des douches glacées, des insultes ciblées : de la maltraitance sous toutes ses formes.

C’est l’histoire de cette petite fille qui se faisait dire chaque jour par sa mère qu’elle ne ferait rien de bon, qu’elle était stupide et incapable, et qui en est venue à croire cette affreuse rengaine de propos dénigrants et blessants.

Bien sûr, si on s’arrête au début de ces histoires de vie, on ne voit que drame et horreur, souffrance sans nom, et on se demande si vraiment Dieu peut laisser vivre cela à Ses enfants

Crédit photo : Bien nourrir sa foi

Mais l’histoire continue, et à travers elle, on peut découvrir de la beauté, des revirements de situation, des lueurs d’espoir, de la résilience…

La suite de l’histoire, c’est Joseph qui dit à ses frères :

Suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté du bien en vue d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui.

Genèse 50 :19b-20a

La suite de l’histoire, c’est cette femme qui s’est reconstruite et qui milite aujourd’hui pour les droits de ses sœurs.

C’est cet homme qui, des années après les abus, prend soin des abusés.

C’est ce petit garçon devenu grand qui devient coach de basket et qui valorise et encourage la jeune génération.

C’est cette petite fille devenue femme qui a pris de l’assurance et qui prospère dans son entreprise.

Toutes ces personnes, je les ai rencontrées et elles m’ont appris une chose. Il n’est pas possible d’effacer un passé traumatique, mais il est possible de rebondir, s’en sortir, revivre et trouver un sens. La voici, la résilience! C’est cette capacité d’une personne à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir, en présence d’événements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes sévères ou répétés.

C’est accepter de continuer son histoire et la rendre belle.

C’est ne plus être la victime mais devenir l’acteur de sa vie.

C’est d’exercer son pouvoir pour transformer le mal en bien.

Frères et sœurs, patientez donc jusqu’à ce que le Seigneur vienne. (…)Vous aussi, prenez patience, soyez pleins de courage, car la venue du Seigneur est proche. (…) Oui, nous disons bienheureux ceux qui ont tenu bon. (…) le Seigneur est plein de bonté et de compassion.

Jacques 5 :7-11
La résilience au travers du Kintsugi

La fin de l’histoire, pour Joseph, on la connait. Dans Gen 50:24-26, à l’épilogue de son histoire, il témoigne de la faveur de Dieu et la promet aux siens comme il l’a lui-même expérimentée.

Alors, même si on ne connait pas encore la fin de l’histoire de ces hommes et ces femmes que j’ai rencontrés, de vous, de moi, on peut connaitre la trame de chaque histoire de celui ou celle qui place sa confiance en Dieu : l’assurance de Sa présence dans toutes les situations. 

C’est d’ailleurs cette trame qui parcourt la Bible d’une couverture à l’autre :

Et voici : je suis moi-même avec toi, je te garderai partout où tu iras ; (…) je ne t’abandonnerai pas mais j’accomplirai ce que je t’ai promis. 

Genèse 28 :15

Et voici : je suis moi-même avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Matthieu 28 :20

Il est toujours là, et Il le sera toujours. Même quand ça a fait mal, même quand on a été blessé, Dieu n’a pas détourné Ses regards de nous, au contraire. Lui seul peut métamorphoser l’affliction en bien-être, l’inquiétude en paix, la désolation en espoir.

Alors apprenons à lire, à travers nos histoires, cette trame de Sa présence, faisons-la ressortir et la fin de l’histoire sera belle !

La fin de l’histoire sera belle !
Crédit photo : zakaz86

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About Author

Sarah nait dans le Sud de la France puis grandit en Alsace, dans une fratrie de quatre d’une belle famille tissée serrée. Sa famille suit Dieu et fréquente l’église mennonite de Strasbourg et c’est depuis toujours qu’elle évolue à l’église, l’école du dimanche et les camps chrétiens. C’est à 14 ans qu’elle comprend réellement la nécessité de prendre une décision de foi personnelle et qu’elle reçoit dans sa vie la grâce du pardon de Dieu en Jésus-Christ. Elle décide de suivre Jésus mais le parcours est difficile et c’est à 18 ans qu’elle devient vraiment consacrée à Le servir. En 1999, elle quitte sa France natale pour vivre une expérience missionnaire au Québec qui devient par la suite sa terre d’adoption. Elle s’y installe et y fait ses études en travail social, puis se spécialise en santé mentale. Elle travaille dans le domaine de l’intervention de crise et du suivi psychosocial à court terme dans une clinique médicale depuis quelques années après avoir vécu plusieurs expériences de travail en CLSC et en milieu communautaire. Elle a une grande sensibilité, beaucoup d’empathie et un profond désir d’aider les personnes qui souffrent. En 2015, elle se forme auprès de l’« International Critical Incident Stress Foundation » et devient aumônière de crise bénévole avec l’Association Évangélique Billy Graham, le « Rapid Response Team ». À ce titre, elle est déployée pour offrir du soutien émotionnel et spirituel sur plusieurs lieux après des attentats terroristes ou des catastrophes naturelles. Elle devient également formatrice pour l’Association. Elle a une passion pour l’église locale et sa vie communautaire lui importe beaucoup. Après des années de service en tant que responsable des adolescents et du comité de mission et d’évangélisation d’une église baptiste à Montréal, elle intègre l’église la Chapelle en 2017 où elle sert depuis dans l’équipe de l’Accompagnement spirituel et dans un groupe maison, « 5à7 ». Elle est mariée à David depuis 15 ans et ils sont parents d’une petite fille, Zoé. « Ce qui me caractérise : la sensibilité et la détermination. Ce qui me ressource et m’inspire : la nature à contempler et du monde à aimer ! Ce que je ferais tout pour éviter si je le pouvais : le verglas et l’injustice sous toutes ses formes ! »

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