Témoignage personnel

Et si l’Amour de Dieu pouvait suffire ?

Et si l’Amour de Dieu pouvait suffire à nous combler et à nous rendre heureux ? Et si on y croyait ? Un événement imprévu me pousse à la réflexion.

L'Amour de Dieu représenté par une Bible et l'ombre d'une couronne d'épine formant un cœur,
Source de l’image : Christian Today

Un appel inattendu

14 h 18. Le téléphone vibre. C’est un numéro masqué. Je n’aime pas les numéros confidentiels. Mais c’est peut-être un appel concernant mon père. Je réponds :

-Anathalie Jean-Charles.

– Allo…

Pas possible ! Je reconnais la voix.

– Allo.

– Ça va ? Tu vois c’est qui ?

– Oui, oui, je vois très bien qui c’est, lui dis-je en gardant mon sang-froid.

En fait, je suis sous le choc. Je ferme la porte de mon bureau pour que personne n’entende notre conversation.

– Comment vas-tu ? Quoi de neuf ? T’es mariée ? Tu as des enfants ? Comment vont tes parents ?

Mais quel culot ce gars ! Cinq ans sans nouvelle et tu oses me rappeler en faisant comme si de rien n’était. Non, mais !

– Excuse-moi, mais pourquoi m’appelles-tu au juste ?

– Je crois que j’avais une dette envers toi. Je voulais régler ça et prendre de tes nouvelles aussi.

– Une dette ? Mais de quelle dette parles-tu ?

– En argent. Je te devais de l’argent non ? Pis comment va la vie ? T’es mariée maintenant ?

Je ne comprends rien. Je dois avoir les idées claires pour poursuivre cette conversation. Je décide de sortir du bureau pour aller marcher à l’extérieur. Ça y est ! Je me sens plus libre d’exprimer ce que j’ai sur le cœur. C’est vrai ! Il me devait de l’argent. Maintenant je m’en souviens, mais puisque j’avais oublié nous n’en avions plus reparlé.

– Je ne veux pas être brusque. Je n’ai rien contre toi, mais en quoi ça te concerne que je sois mariée ou pas ? Maintenant j’aimerais connaître les vraies raisons de ton appel s’il te plaît.

– Je te pose ces questions parce que j’ai souvent pensé à toi au cours des années et je voulais savoir si tu étais heureuse et si tu avais refait ta vie.

Ça, c’est du « lui » tout craché ! Il sortirait les violons que je ne serais pas surprise…

Mon talon d’Achille

Cette personne, c’est mon talon d’Achille. C’est le gars qui avait été mon meilleur ami pendant des années et dont j’étais tombée follement amoureuse lorsque j’avais vingt ans. Depuis, il m’en a fait voir de toutes les couleurs! Mais je vous épargnerai les détails. C’est l’homme avec qui, pendant plus d’une dizaine d’années, j’avais imaginé me marier et avoir des enfants. C’est celui vers qui je retournais constamment. Tout me ramenait à lui. Malgré les mensonges, les infidélités, les manipulations, et même la prison, dès qu’il revenait, je tombais dans ses bras. Coureur de jupons invétéré, il y avait toujours deux ou trois filles qu’il fréquentait en même temps qu’on se voyait. Mais je voulais tellement qu’il me choisisse ! Je voulais tellement qu’il se rende finalement compte que j’étais LA seule qu’il lui fallait. Alors je m’accrochais. Puis, lorsque j’en avais marre d’attendre qu’il fasse un choix, on se disputait, et on ne se parlait plus pendant des mois, voire des années. Soudainement, le téléphone sonnait, c’était un numéro masqué, je répondais, c’était sa voix au bout du fil. Et c’était reparti ! (C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne réponds généralement pas aux numéros inconnus.) Même si je savais qu’il me menait en bateau et qu’il me ferait du mal à nouveau, je lui donnais toujours une autre chance. Qui sait ? Peut-être avait-il changé ? Je n’acceptais pas que ne pas me choisir était en soi un choix. C’était SON choix.

Accro ?

Aujourd’hui, je suis surprise d’être à nouveau bouleversée au son de sa voix. Sérieusement, à part Dieu, c’est la seule personne à pouvoir me prendre au dépourvu. Pourtant, j’avais souvent joué cette conversation dans ma tête. J’espérais qu’il me rappellerait au moment où j’aurais été mariée et où j’aurais des enfants. J’imaginais que j’aurais pu lui dire à quel point j’étais heureuse avec mon merveilleux mari et mes merveilleux enfants. Mais ce n’était pas le cas. Deux ans se sont écoulés depuis que j’ai rompu avec mon fiancé et je n’ai pas d’enfants. J’aurais voulu lui passer mon bonheur sous le nez et lui faire voir la gaffe monumentale qu’il avait commise en allant voir ailleurs, mais je n’avais pas d’arguments.

Au lieu de ça, j’étais sans mot. J’étais accrochée à ses paroles, comme si je les entendais pour la première fois. Je l’écoutais en espérant entendre une phrase, trois mots qui ne viendraient pas. Je n’arrive pas à comprendre pour quelle raison il me fait autant d’effet. Pourquoi suis-je encore déstabilisée après avoir entendu pour la énième fois ses mea-culpa. Toujours les mêmes :

– Je voulais vraiment vivre quelque chose de sérieux avec toi, mais j’étais pris avec quelqu’un d’autre à ce moment-là. Je ne savais pas comment te le dire. J’ai préféré m’enfuir… Mais je n’ai pas cessé de penser à toi… On sort les violons…

Toujours le même air, le même refrain, avec des paroles et une histoire similaires. Ma tête sait très bien que ça sonne faux, mais mon cœur lui… Argh ! Si seulement je pouvais lui greffer un cerveau à ce cœur ! C’est comme dans la chanson de Patricia Kaas :

Il joue avec mon cœur 
Il triche avec ma vie 
Il dit des mots menteurs 
Mais moi je crois tout c’qu’il dit

Les chansons qu’il me chante 
Les rêves qu’il fait pour deux 
C’est comme les bonbons menthe 
Ça fait du bien quand il pleut

J’me raconte des histoires 
En écoutant sa voix 
C’est pas vrai ces histoires 
Mais moi j’y crois

Extrait de « Mon mec à moi » (1987). Paroliers : Francois Bernheim / Didier Barbelivien. Paroles de Mon mec à moi © EMI Music Publishing France, Évangeline/APEM

Non sans douleur, je lui ai dit que je l’avais pardonné et que je préférais qu’il ne me rappelle plus. Après quoi, j’ai raccroché et je suis retournée à mon bureau. Pourtant, y’avait tellement d’autres choses que j’aurais voulu lui dire et lui demander. Mais à quoi bon ? Ça n’aurait rien changé au passé et aux torts qu’il m’avait faits. Ça ne m’aurait pas rendue plus heureuse. Quelles que soient ses explications, l’aboutissement aurait été le même. Il ne m’aurait jamais choisie. Il n’aurait jamais su comment m’aimer.

L’Amour de Dieu me suffit

Malgré ces quelques larmes que je verse présentement, j’ai cette consolation : Dieu m’aime éperdument. Il m’a choisie et Il prend soin de moi. C’est une pensée facile me direz-vous. Ce n’est pas la même chose que l’amour d’un homme. C’est vrai. L’Amour de Dieu est plus grand que celui d’un homme. Même s’il m’avait choisie, « Achille » ne m’aurait jamais autant aimée que Dieu peut m’aimer. Il n’aurait jamais donné sa vie pour moi. Il n’aurait pas pu me guérir ni me remplir pleinement de l’intérieur. Il n’aurait pas su donner un sens à ma vie. Seul Dieu peut faire toutes ces choses. C’est vrai que c’est un privilège de vivre une histoire d’amour. C’est un privilège qui n’est pas donné à tous. Je mentirais si je disais que je ne désirais pas vivre une grande et belle histoire d’amour où un bel homme alpha (un homme de Dieu s »il vous plaît) me choisirait une fois pour toutes. Par contre, je ne le désire plus à tout prix. Je préfère demeurer seule avec Dieu, qu’être avec un homme, mais sans Dieu. Ma vie, c’est Dieu. Je ne cherche plus à être validée dans le regard d’un homme parce que Dieu a validé qui je suis en Lui. Être aimée d’un homme, c’est de l’amour en plus (un bonus) pour nous sur cette terre (comme toute autre forme d’amour d’ailleurs). Ce n’est qu’un aperçu de l’Amour de Dieu. Mais l’amour d’un homme, ce n’est pas l’AMOUR avec un grand A. Celui-là, c’est Dieu qui le donne. L’Amour de Dieu, c’est Dieu Lui-même parce qu’il EST Amour et Lui-même me suffit.

Pour vous et moi, je formule auprès du Père cette prière empruntée de l’apôtre Paul :

C’est pourquoi je me mets à genoux devant le Père, de qui dépendent, comme d’un modèle, toutes les familles des cieux et de la terre. Je lui demande qu’il vous accorde, à la mesure de ses glorieuses richesses, d’être fortifiés avec puissance par son Esprit dans votre être intérieur. Que Christ habite dans votre cœur par la foi. Enracinés et solidement fondés dans l’amour, vous serez ainsi à même de comprendre, avec tous ceux qui font partie du peuple saint, combien l’Amour de Dieu est large, long, élevé et profond. Oui, vous serez à même de connaître cet amour qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître, et vous serez ainsi remplis de toute la plénitude de Dieu. À celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser bien au-delà de tout ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen !

Ep 3 : 14-21, BDS
About Author

Du plus loin qu’elle se souvienne, Anathalie a toujours aimé Dieu. Malgré les chemins tortueux qu’elle a empruntés, Il est demeuré fidèle et ne l’a jamais laissé tomber. Anathalie a grandi dans une petite église méthodiste libre de la communauté haïtienne de Montréal où ses parents étaient impliqués dans le ministère ecclésiastique. Dès un très jeune âge, elle donne sa vie au Seigneur et s’implique à son tour pour l’avancement d l’œuvre de Dieu. Depuis juin 2014, elle fréquente l’église La Chapelle à Montréal où elle met ses dons, ses talents et son expérience au service de l’équipe des opérations et de l’équipe d’accompagnement spirituel de l’église. En 2018, elle entame des études en théologie dans le but de devenir aumônière et de venir en aide aux personnes qui souffrent. « On dit de moi que je suis une femme passionnée, créative, réservée et déterminée. J’ai la dent sucrée, je suis parfois dans la lune, j’aime les vieux films et les feuilletons français et je déteste les pieds… Mais vraiment là! »

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