Enseignement

Les épreuves : doit-on accepter la souffrance ?

Selon Thomas Carlyle, le génie est une capacité infini à accepter la douleur dans les épreuves.
Selon Thomas Carlyle, le génie est une capacité infinie à accepter la douleur dans les épreuves de la vie.
Crédit : Le journal d’Anathalie

Je suis souvent confrontée à des personnes qui vivent des épreuves particulièrement douloureuses. Pour une même situation vécue par deux personnes différentes, Dieu peut considérer des issues complètement opposées, car les résultats escomptés divergent pour chacune d’elles. C’est la raison pour laquelle je ne tiens jamais pour acquise la manière d’affronter une situation, car l’Esprit de Dieu est constamment en mouvement. Il agit différemment dans la vie de chacun. De plus, bien que les circonstances que vit une même personne peuvent sembler similaires, elles sont en réalité différentes l’une de l’autre, car nous-mêmes nous changeons progressivement au cours de notre vie. Ainsi, un même problème sera peut-être abordé différemment selon l’époque que nous traversons.

Dans les épreuves, nous avons parfois tendance à appliquer les mêmes recettes à toutes les situations, mais la vie nous enseigne que les solutions à un même problème peuvent diverger d’une occurence à l’autre.

Une citation que j’aime particulièrement du personnage d’Aslan de Narnia dans le Prince Caspian est celle-ci :

Les choses ne se produisent jamais deux fois de la même façon .

Le Prince Caspian, C.S. Lewis, p 153.

Nous avons parfois tendance à appliquer les mêmes recettes à toutes les épreuves, mais Dieu ne fonctionne pas de cette façon. Une fois, Il peut nous demander de frapper sur le rocher afin que l’eau en sorte et l’autre fois, Il nous demandera de parler au rocher. C’est pour cette raison que nous devons faire preuve de discernement, d’attention, d’écoute et d’analyse pour chacune de nos épreuves, et ce, particulièrement lorsque la souffrance nous pousse à prendre des décisions impulsives et radicales. 

D’une condition à une autre, l’Esprit de Dieu pourrait nous encourager à rester et affronter la situation, à nous en éloigner/à partir, ou à ne pas agir afin qu’Il puisse gérer les choses à Sa façon. Quelle que soit la stratégie que l’Esprit nous pousse à adopter, Il nous promet de demeurer avec nous en toutes circonstances.

Quelles questions devrions-nous nous poser lorsque nous sommes aux prises avec la souffrance ?

1. Quelle est la source de la souffrance?

En d’autres termes, qu’est-ce qui a provoqué la douleur ?

  • Des conflits internes ou externes
  • Une séparation
  • Une injustice
  • La solitude
  • Un comportement
  • Un mal-être
  • Une circonstance stressante
  • La maladie
  • Une perte de contrôle ou d’autonomie.

Bref, les sources peuvent être nombreuses et la souffrance peut provenir d’origines multiples. Identifier la source ne consiste pas uniquement à déterminer ce qui a provoqué la douleur. Il faut aussi tenter de comprendre pourquoi ce déclencheur nous rend vulnérables.

Par exemple : Je souffre des conflits avec mon conjoint. Pourquoi ?

  • Parce que je ne me sens pas comprise ?
  • Parce que je ne me sens pas valorisée ?
  • Parce que je ne me sens pas aimée ?
  • Parce que je ne me sens pas respectée ?
  • Parce que mon égo est blessé ?

Évidemment, cet exemple est très large parce qu’on peut être en conflit pour toutes sortes de raisons. À cette étape, vous devriez parvenir à déterminer les raisons profondes de votre souffrance afin d’y mettre des mots.

Cet exercice requerra peut-être l’aide d’un psychothérapeute, d’un pasteur, d’un accompagnateur spirituel ou d’un ami de confiance.

2. Puis-je y remédier ?

Le journal d’Anathalie

Une fois que nous avons déterminé les origines de notre souffrance (notre réel adversaire) nous devons découvrir comment y remédier.

La maladie est-elle curable ? Oui/Non ?

Y’a-t-il moyen de pallier à la douleur ? Oui/Non

Pouvons-nous arriver à un consensus ? À un compromis ?

Puis-je faire quelque chose pour corriger le problème ?

La quête d’un remède pourra se révéler ardue. Plusieurs tentatives seront sûrement nécessaires afin de trouver la bonne solution, par contre il ne faudra pas abandonner le désir de régler le problème à la source.

3. Dois-je me battre, fuir, ou laisser Dieu agir ?

Certains contextes, comme les maladies chroniques ou des relations maritales compliquées, ne trouvent souvent pas de délivrance immédiate à la douleur. Dans ce cas, nous devons nous demander comment agir face à ces épreuves qui nous semblent insurmontables.

Première des choses, la prière. Remettez votre situation à Dieu et attendez-vous toujours à un miracle. Même lorsque tout semble contre vous, continuez à faire confiance à Dieu et à espérer un miracle, même si le miracle ne prend pas la forme escomptée ou qu’il n’arrive pas. Continuez à vous accrocher à Lui. Dans tous les cas, Il sera votre meilleur appui et votre plus grand Consolateur.

En demeurant dans Sa présence, Dieu vous indiquera la position à adopter face à votre adversaire. Il vous fera savoir si vous devez demeurer dans la situation pour l’affronter, si vous devez fuir, abandonner, ou si vous devez Le laisser agir pour vous.

De plus, gardez en tête que vous êtes le sel et la lumière du monde. La lumière éclaire les ténèbres et le sel conserve les vivres en leur donnant du goût. En tant que tel, vous ferez face à des situations inconfortables où votre rôle sera justement d’éclairer votre entourage ou de conserver la vie là où vous vous trouvez. Vous serez peut-être appelé dans des lieux peu convenables ou dans des atmosphères nocives pour briller et pour partager ce que vous-même vous aurez reçu de Dieu. Jésus, après avoir chassé la tempête sur le lac de Galilée, a emmené Ses disciples dans un lieu impur pour délivrer un démoniaque. Ce faisant, Il a montré au peuple qui habitait cette ville qu’eux aussi pouvaient être libérés de toutes formes de captivité (Marc 4 : 35-41). Briller a un coût : vous devrez affronter des tempêtes et confronter l’hostilité, mais vous ne serez jamais seul. Jésus sera au-devant de vous pour calmer les tempêtes et pour faire en sorte que votre lumière rallie des gens à vous.

4. Qu’est-ce que la souffrance produit en moi et sur mon entourage ?

Si Dieu vous indique que vous devez demeurer pour affronter, c’est que l’épreuve doit bâtir votre caractère en produisant en vous de la persévérance, de la force et de l’endurance (2 Pi 1 : 4-5). Ne la laissez pas produire en vous de la frustration, de l’amertume ou de la colère, car Dieu veut vous construire et vous raffiner. Ne laissez pas l’adversaire prendre le dessus. Laissez plutôt l’Esprit vous fortifier.

De plus, même lorsque Dieu nous conseille de fuir ou de Le laisser agir, cela s’accompagnera probablement d’une autre forme de souffrance : celle de l’attente, de l’impatience, de la perte de contrôle, d’un sentiment d’impuissance et d’insécurité. Là aussi, vous devrez vous appuyer sur le Saint-Esprit pour vous aider.

D’autre part, souvenez-vous que vous n’êtes pas un électron libre. Votre épreuve affectera assurément vos proches. Ainsi, affrontez l’épreuve en ayant aussi pour but d’être un exemple pour ceux qui vous observent. Devenez le témoin de la façon dont Christ nous fait triompher de toutes nos difficultés. Montrez au monde entier qu’il est possible de souffrir sainement et d’en sortir la tête haute.

5. Devrais-je chercher à cesser de souffrir ?

Euh… Oui! Lorsque nous affrontons des épreuves et que nous pouvons pallier à la douleur, pourquoi devrions-nous continuer à souffrir?Giphy.com

Euh… oui !

La souffrance est essentiellement un indicateur que quelque chose est en train de se produire. Ça peut être positif, comme la poussée de nouvelles dents ou négatif comme l’apparition d’une carie.

Dans un cas comme dans l’autre, il existe des solutions pour pallier la douleur. Encore faut-il que l’on comprenne l’origine de celle-ci. En fait, nous ne devrions pas chercher à cesser de souffrir sans avoir compris le signal lancé par notre corps. Nous devons chercher à comprendre ce qui se passe en nous, sans quoi, tout ce que nous ferons sera temporaire et ne règlera pas le problème, si problème il y a.

De plus, nous ne devrions pas souffrir inutilement. À moins d’avoir des problèmes avec la médication ou des allergies graves, nous devrions nous soigner et prier pour la guérison en cas de maladie.

Surtout, nous ne devrions jamais accepter l’abus, qu’il soit de nature psychologique, physique, verbale ou économique. Il faut soit y remédier ou partir, mais ne jamais subir la violence qui nous est infligée.

6. Pourquoi souffrons-nous ?

Nous devrions aussi nous demander ce qui nous a menés à l’épreuve. En effet, certaines épreuves sont circonstancielles ou fortuites. D’autres épreuves sont de nature spirituelle. Dans ce cas, nous devons nous munir des armes spirituelles pour y faire face. Souvent, nous sommes les instigateurs de nos propres souffrances, soit par notre désobéissance, soit par manque de discernement ou simplement par erreur. Quoi qu’il en soit, c’est très important de reconnaître notre part de responsabilité afin d’avancer dans l’épreuve et de nous confesser à Dieu. En parler à une personne de confiance peut aussi vous aider à tenir l’engagement que vous avez pris de ne plus commettre la même faute. Dans votre réflexion, souvenez-vous qu’il est possible que vous soyez simplement victime des aléas de la vie et que Dieu transforme le mal que nous subissons en notre faveur (Rom 8:28).

7. Quelles sont mes réelles motivations à vouloir fuir la douleur ?

Voulez-vous fuir la douleur pour ne pas gérer le problème ?

Voulez-vous fuir par crainte ?

Est-ce par paresse, par impatience ou par manque de foi que vous souhaitez abandonner ?

À moins que Dieu vous indique clairement que vous devriez partir, restez. La peur n’est pas une bonne conseillère et l’impatience non plus. Si vous fuyez par crainte, vous risquez d’être continuellement confronté à la même épreuve jusqu’à ce que vous ayez le cran et la sagesse de l’affronter.

Gardez en tête que Dieu donne des convictions et non des doutes. Si vous doutez du choix que vous prenez, ne le faites pas. Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché (Rom 14:23).

Prenez des risques, trompez-vous, mais faites-le avec conviction.

De plus, ne demeurez pas dans l’immobilisme sous prétexte que vous attendez que Dieu vous révèle Sa volonté.

Souvenez-vous de ces Paroles :

Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c’est alors que tu réussiras. Ne t’ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage ? Ne t’effraie point et ne t’épouvante point, car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras.

Josué 1:8-9

En d’autres termes, si vous passez du temps dans la présence de Dieu, à méditer Sa Parole, vous connaissez déjà Sa Volonté. Donc à moins que Dieu vous indique clairement de ne pas agir, bougez ! À moins qu’Il vous indique le contraire, Dieu s’attend toujours à ce que vous agissiez sous la direction du Saint-Esprit qui habite déjà en vous.

8. Quel est le coût de l’épreuve ?

Le journal d’Anathalie

Que vous choisissiez de demeurer pour affronter l’épreuve ou de partir, il y aura toujours un coût à payer. Autant l’évaluer. Les gains et les pertes des deux côtés peuvent être considérables. C’est pourquoi je vous conseille d’en faire l’évaluation seul, de prier sur votre analyse puis d’en parler à une personne de confiance qui aura plus de recul que vous pour considérer si votre évaluation est juste ou pas.

En conclusion, pour chaque épreuve que vous aurez à vivre il y aura une action différente à poser. Faites donc preuve de discernement et faites toujours confiance à Dieu.

Voici un guide de lecture à télécharger gratuitement pour vous aider dans votre réflexion.

Pour obtenir d’autres outils gratuits, visitez la page Onguents.

About Author

Du plus loin qu’elle se souvienne, Anathalie a toujours aimé Dieu. Malgré les chemins tortueux qu’elle a empruntés, Il est demeuré fidèle et ne l’a jamais laissé tomber. Anathalie a grandi dans une petite église méthodiste libre de la communauté haïtienne de Montréal où ses parents étaient impliqués dans le ministère ecclésiastique. Dès un très jeune âge, elle donne sa vie au Seigneur et s’implique à son tour pour l’avancement d l’œuvre de Dieu. Depuis juin 2014, elle fréquente l’église La Chapelle à Montréal où elle met ses dons, ses talents et son expérience au service de l’équipe des opérations et de l’équipe d’accompagnement spirituel de l’église. En 2018, elle entame des études en théologie dans le but de devenir aumônière et de venir en aide aux personnes qui souffrent. « On dit de moi que je suis une femme passionnée, créative, réservée et déterminée. J’ai la dent sucrée, je suis parfois dans la lune, j’aime les vieux films et les feuilletons français et je déteste les pieds… Mais vraiment là! »

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